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Oeil

  • 9 avr. 2024
  • 2 min de lecture

mars 2024

Retravail d'un texte écrit à un atelier Langue de Lutte



Depuis son front j’ai rassemblé tout mon courage, me suis assis·e les pieds dans le vide au bord de son arcade sourcilière, j’ai pris une grande inspiration et j’ai


sauté


J’ai franchi la limite aqueuse et me suis retrouvé·e baigné·e de sa moiteur singulière A pieds joints dans son œil me voilà revenu·e à l’explosion originelle. Big / Iris / Bang / Pupilles


D’ici je peux presque toucher le commencement du monde ; la pulpe en avalanche je peux faire couler les premiers printemps ; les comètes pleuvent au départ il y a toujours une idée qui pétille ; la voûte enceinte d’un bouquet de possibles


Pas un son ne pénètre sa cornée d’ici je n’entends que le vide qui frappe mon torse compressé c’est indescriptible, impossible à envisager ce silence-là // L’espace ça ne sent rien pourtant ça sent l’immensité Les astres tournoient je ne sais plus où donner de la tête, je ne sais plus où me mettre, la courbure du ciel une aquarelle nuancier Jupiter


Les premières lueurs passées je tente de me recontenir de m’accrocher à une sensorialité familière à un référentiel traduisible ; billes de cosmos vers minuscule moi comment ne pas perdre la moitié de l’information


Je grimpe le long des minces fils rouges injectés qui me racontent leur dernière traversée. L’un m’emmène mesurer la courbure d’un cil, l’autre m’enrobe du presque rien drapé d’une paupière qui un instant se ferme, encore un je me hisse je me coupe le long du tranchant plissé d’un coin en V. Mon sang une nouvelle trajectoire, un nouvel éclatement.


Prendre de la hauteur se suspendre cil-cil appréhender le monde dans sa sphéricité et enfin se perdre dans l’évidence comme un point de repère/de chute/d’appui/d’impact/de départ /d’oubli


C’est le trou/noir/trop/vide contractile on oserait pas s’en approcher pourtant irrémédiablement attiré·e par la pupille c’est là que tout se rejoue encore et encore c’est là


la somme des petites gravités qui s’effondrent sur elles-mêmes


la conséquence de l’explosion de nos dilemmes d’étoiles


Le temps a perdu sa linéarité plus on s’approche plus le cycle s’étend ; à la surface l’horizon des évènements le dernier piège la dernière torsion ; la limite de mon influence


Ça n’arrive qu’une fois tous les 10000 visages c’est l’éclipse oculaire L’amour en mydriase c’est ton soleil qui cache et enferme rien qu’un instant tout l’éclat de ton être


Je ne regrette rien du voyage

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